"En entrant sur la scène du crime, l'inspecteur fut frappé par le carnage. Du sang, du sol au plafond. Son odeur viciait l'air de sa profondeur métallique."
"Debout sur les rochers, il regardait la mer. Le vent qui lui fouettait le visage lui apportait les relans de l'air marin et ses embruns vivifiants. Pour lui, la liberté enfin retrouvée sillonnait le long de sa gorge, emplissait ses poumons."
"Le marché de la ville était tel un labyrinthe d'échoppes d'où émanaient de nombreux parfums capiteux: ici des bâtons de cannelle remplissant un panier; là le doux fumet du jasmin et du thé s'échappant des tasses; plus loin le mélange hétéroclite des épices de tout le continent."
Les mots ne sont que des mots, l'imagination fait le reste... et si le livre pouvait libérer ces odeurs et fragrances dépaysantes... Quoi de plus naturel qu'un parfum pour se sentir libre, en sécurité, ou à l'inverse oppressé, troublé.
Il existe des encres spéciales intégrant des microcapsules qui contiennent des odeurs, des fragrances. Par frottement du doigt, les parfums sont libérés, de manière fugace, afin d'immerger le lecteur dans décor de l'histoire. Une bande de ces encres est imprimée dans la marge du livre et les senteurs qu'elle contient varient au rythme de l'histoire et des lieux qu'elle traverse.
Plus besoin d'attendre la description du décor pour y être immergé, l'action peut y prendre sa juste place.
Des encres contenant les parfums inspirant les lieux, les décors ou les ambiances sont imprimées successivement dans la marge tout au long du texte. La nature du parfum qu'elles contiennent change au long de l'histoire. Un simple frottement et les parfums se dégagent. En stoppant le frottement, l'odeur se dissipe. Le résultat étant l'immersion totale dans les lieux, les époques, les souvenirs, les ambiances.
Assise confortablement dans un fauteuil, enroulée dans une couverture de laine, une femme saisit le roman dont elle va débuter la lecture. Une première phrase, un premier lieu. En frottant la marge extérieure du livre, un parfum se dégage. Elle le reconnait immédiatement. C'est celui d'une cave avec ses odeurs de terre et d'humidité. Son imaginaire est transporté dans ce lieu dès les premiers mots.
D'une main elle tient le livre, de l'autre elle parcourt la marge avec le bout de son doigt.
Le parfum se dissipe en quelques secondes avec l'arrêt du frottement.
En relisant un passage qui l'a bouleversée, elle frotte à nouveau la zone de la marge située en parrallèle du texte et elle replonge aussitôt dans le décor parfumé.
Elle ferme le livre et va se coucher, l'esprit encore loin de la réalité, bientôt son rêve sublimera le roman.
Commentaires
Oui, ce sont des livres qui
Oui, ce sont des livres qui existent déjà, mais je n'en ai vu que pour les enfants, peut-être faut-il voir comment adapter ce dispositif aussi pour des livres à l'univers et aux ambiances plus complexes. Tout comme une musique que l'on écoute en lisant, l'odeur aussi peut envelopper notre lecture, surtout si elle est liée au contenu du texte, et sentir cette odeur plus tard peut nous rappeler ce moment de l'histoire qui nous a frappé.
15/04/2011 - 22:32 — Cassandre Poiri...